L’équipage

Les archives ne font état d’aucun décès lors du naufrage des deux frégates sur les roches de la Natière. On est donc fondé à penser que tous les membres des deux équipages ont survécu. Les marques de leur existence à bord sont omniprésentes sur les épaves. Elles s’expriment, notamment par les dizaines de chaussures découvertes pendant la fouille. Façonnés en cuir et munis, pour l’essentiel, de talons en lamelles de cuir chevillées, les souliers de La Dauphine étaient pourvus d’une petite boucle latérale, à la différence de ceux de L’Aimable Grenot qui se singularisent, le plus souvent, par une large boucle sur le devant.
La fouille a mis en évidence l’extrême utilisation de ces souliers, parfois usés jusqu’à la corde. On remplaçait la boucle par des lacets lorsque l’extrémité des pattes de fixation de la boucle venait à lâcher, ou l’on transformait la chaussure en mule ou en sabot lorsque ces pattes étaient inutilisables... L’étude des souliers apporte également des informations précieuses sur l’équipage lui-même : l’âge et la stature des marins sont ainsi révélés par les pointures cependant que les traces d’usure et les réparations localisées de la chaussure trahissent leurs pathologies physiques.
Les traces archéologiques des vêtements eux-mêmes sont plus ténues. Elles se résument à de trop rares fragments textiles. Pour autant, les découvertes de boutons, tournés en bois, en étain ou en cuivre, permettent d’entrapercevoir un peu ces vêtements disparus. L’un d’entre eux signale même, par sa double attache, la nature du pantalon ample et bouffant qu’il était destiné à fermer.

Médias

Teddy Seguin (Adramar) © MCC / DRASSM
Coincée par le chaos du naufrage au milieu de cordages et de rondins, noyée dans la vase grise, une chaussure en cuir de l’équipage surgit au cours de la fouille de l’épave de la Dauphine (1704). (Cliché : NAT02_SM0176)
Teddy Seguin © MCC / DRASSM
Chaussure en cuir découverte sur l'épave de la frégate la Dauphine (1704) après traitement. (Cliché : Nat 1182)
Teddy Seguin© MCC / DRASSM
Textile découvert sur l'épave de la frégate la Dauphine (1704). (Cliché : Nat 1142)
Teddy Seguin (Adramar) © MCC / DRASSM
Boucle de chaussure en alliage cuivreux trouvée sur l'épave de L'Aimable Grenot (1749). (Cliché : Nat 2945_1)
Frédéric Osada (Images Explorations) © MCC / DRASSM
Boutons de bois et fragments de textile découverts à l'avant de l'épave de la Dauphine (1704).
Teddy Seguin (Adramar) © MCC / DRASSM
Double bouton en étain (Nat 1220), de type boten-bragou découvert sur la frégate la Dauphine (1704). Cette attache devait être destinée à fermer les hauts-de-chausses, ou culottes bouffantes, de l’un des marins du bord. Des boutons de forme similaire mais façonnés en bois sont conservés au Musée départemental breton (Quimper). Ils servaient à fermer le bragou braz, les larges culottes du costume traditionnel breton. (Cliché : Nat 1220)